Lycee Pontarcher

Prix Albert Londres


Ce jeudi 20 mars, les élèves de 2MRC1 ont eu le privilège de rencontrer la journaliste Manon de Couët, en présence de Madame Albert-Moretti, Rectrice de la Région académique et de Madame Adam-Normand, Référente académique à l’Education aux Médias et à l’Information et Coordonnatrice académique du CLEMI.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du dispositif  Prix Albert Londres auquel les élèves ont participé avec  leur enseignante de Français Madame Princet et la professeure documentaliste, Madame Dupré. Cette rencontre s’est déroulée au lycée Pergaud avec une autre  classe de cet établissement.

La candidature de la classe à ce  dispositif a permis aux élèves de découvrir et d’étudier en cours et au CDI  une sélection d’articles de presse écrite et de films documentaires en lice pour le Prix Albert Londres. Ce prix prestigieux récompense chaque année les meilleurs grands reporters francophones dans les catégories presse écrite, audiovisuel et livre.

La rencontre avec un professionnel de l’information

L’étude de ces divers supports s’intègre dans l’objet d’étude au programme de seconde professionnelle « S’informer, informer : les circuits de l’information » et la participation à ce dispositif donne aux lycéens l’opportunité de rencontrer un grand reporter ; cette année Manon de Couët, Co-autrice et réalisatrice de la série documentaire Vert de Rage pour France Télévision.

Etude de différents reportages coréalisés par Manon de Couët

En amont de la rencontre, les élèves ont étudié attentivement le fond et la forme  du reportage « Armes, l’héritage toxique » et également visionné des extraits de deux autres émissions Vert de Rage : « La Contamination à petit feu » et « Amiante, nos écoles malades ». Objectif : repérer les ingrédients d’un travail journalistique d’investigation, tant dans les méthodes suivies (démarche scientifique, exploration et prélèvements sur le terrain, rencontre et interviews de spécialistes, recherches documentaires et d’archives…) que dans la mise en image et la construction narrative du reportage.

Lors de la rencontre de cette jeune journaliste de 28 ans, les élèves ont pu lui poser des questions issues de leurs séances préparatoires, mais également des questions plus spontanées relatives à ce travail journaliste remarquable.

« Un métier passion »

Les élèves se sont particulièrement intéressés au parcours de Manon de Couët, ses études et sa formation en école de journaliste à Science Po Paris, mais aussi au métier et aux différentes manières de l’exercer (enquêtrice pour une société de production indépendante, embauche à la saison avec salaire fixe, à la mission, pigiste, à son compte…). Manon de Couët qui qualifie sa profession de « métier-passion » n’a pas caché la dimension précaire de celui-ci. S’il n’y a jamais de routine, le stress et l’imprévu technique comme humain sont une contrepartie qu’on apprécie plus ou moins : « C’est ça que je trouve ultra stimulant dans ce métier, parce qu’il faut faire un peu d’acrobatie et toujours rebondir pour trouver des solutions » précise Manon à la question de Suzanne sur ce qu’elle aime le plus dans son métier. « C’est un métier génial car tous les jours je rencontre de nouvelles personnes et à chaque fois, c’est super de pouvoir leur donner un peu de voix pour les faire entendre ».

Mais un métier à risque

Si en France, on a la chance extraordinaire d’avoir liberté d’expression et liberté de presse rappelle Manon de Couët, elle souligne aussi que la presse écrite est confrontée à de plus en plus de difficultés, notamment financières. Si elle a personnellement fait le choix de l’audiovisuel car elle apprécie « le rapport à l’image, car il est très impactant de voir les visages à l’écran de personnes qui témoignent », Manon souligne que les réseaux sociaux « où tout va vite » révolutionnent le rapport à l’information, en suscitant des réactions (sentiments, opinions), là où on devrait adopter de « bons réflexes pour se protéger des fake-news ».

Ce métier est également parfois un métier dangereux, comme Manon de Couët l’explique à Romane qui s’inquiète des risques possibles. Par exemple, lors des prélèvements réalisés en Sardaigne, sur le terrain d’entraînement de l’OTAN pour le reportage sur les armes toxiques. Mais aussi, quand on va sur des terrains plus compliqués, où il faut avoir recours à des intermédiaires, comme en Irak. A Léo qui s’interroge sur la manière de communiquer à l’étranger, Manon explique qu »on a recours à des fixeurs, qui ont un rôle très important ». L’occasion de faire un focus sur la loi de protection des sources en France, mais aussi sur la protection du droit à l’information à l’échelle internationale qui fait considérer comme crime contre l’humanité le fait d’attaquer un journaliste. Il n’empêche qu’il peut y avoir intimidation sur le terrain. En réponse à Suzanne et Héléna demandant s’il avait déjà fallu interrompre un tournage en raison de violences ou intimidations, Manon évoque l’expérience vécue au Kazakhstan, lors du reportage sur l’amiante, où des véhicules ont constamment suivi l’équipe de reporters sur le terrain, les engageant à écourter leur séjour…

Un échange enrichissant et formateur

Ce temps fort d’échange autour du métier de journaliste, et plus généralement sur la presse et les médias, fut un moment très enrichissant pour nos élèves. Ceux-ci ont également pu rencontrer un deuxième journaliste, Thibault Quartier, quelques jours après dans le cadre de la semaine de la presse et des médias. Ces moments vivants ont vocation à accompagner nos jeunes dans la construction d’un esprit ouvert et critique face à tout contenu médiatique.