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Belle rencontre des 2GATL avec Maryline Desbiolles

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Ce mardi 18 octobre, tous les élèves de seconde GATL se sont rendus au CDI du lycée Les Haberges pour rencontrer, avec des élèves de Premières et de Terminales, l’autrice Maryline Desbiolles, dans le cadre du Festival Littéraire des Petites Fugues organisé par l’Agence Livre & Lecture de Bourgogne-Franche-Comté.

Ce temps fort est l’aboutissement d’un travail engagé avec Mme Benincasa, leur enseignante de Français et Mme Dupré, professeure documentaliste depuis le mois de septembre. Les élèves se sont en particulier plongés dans la lecture de deux œuvres de Maryline Desbiolles qui a déjà publié plus d’une quarantaine d’ouvrages chez divers éditeurs pour lesquels elle a obtenu plusieurs prix et distinctions. Elle a notamment reçu le prix littéraire « Le Monde » en 2024, pour L’Agrafe, son dernier livre paru, lu par les élèves après son ouvrage de littérature pour la jeunesse intitulé Violante.

Ces deux ouvrages aux styles différents ont permis aux élèves de découvrir les thèmes chers à Maryline Desbiolles : la question du vivre ensemble, de la différence et de l’altérité, le pouvoir de l’imaginaire et de la vie intérieure pour surmonter les épreuves, l’importance des paysages et de la nature pour ancrer ses personnages, souvent liés aux animaux et à leur environnement, la primauté accordée aux sens, au mouvement plus qu’à la psychologie des personnages.

Avant de pouvoir échanger avec l’autrice, Ozan a présenté la classe et annoncé une lecture à trois voix, proposée par Roméo, Emma et Imène, d’un dialogue inventé par les élèves de la classe entre deux personnages des deux romans lus : Violante et Emma Fuconis.

Maryline Desbiolles s’est dite émue par ce texte, reçu comme un cadeau et applaudi par l’assistance. Belle introduction à un échange riche sur ces deux livres, mais aussi tant d’autres, lus et étudiés par les autres lycéens présents, inscrits en spécialité HLP (Humanités, Littérature Philosophie) avec leur enseignant, Monsieur Rosset, qui a animé la rencontre.

Des livres courts et denses

Pendant ce riche échange, nous avons pu aborder avec Maryline Desbiolles la question du format de ses livres, souvent courts : « je suis une sprinteuse, mes livres ont une qualité d’impatience », ainsi que de leur clôture : « mon livre est fini quand cette impatience retombe ». A propos de son livre Anchise, qui fut primé, un critique avait écrit « ce livre n’est pas abouti ». D’abord blessée, Maryline Desbiolles comprend que cette critique est finalement pertinente : elle laisse toujours « un petit truc pour le livre d’après. Les personnages se tiennent la main, mais les livres aussi ».

Pour l’autrice, la question du format est essentielle « si on écrit trop, on noie le poisson ». Pour son livre Le Beau Temps, sur Maurice Jaubert, elle a dû enlever 200 pages. L’important dans un livre, c’est qu’on « y entende des voix ».

A Justine qui lui demande combien de temps elle met pour écrire un livre en moyenne, Maryline Desbiolles répond « environ un an. Ce n’est pas beaucoup. Mais je ne fais que ça, c’est mon luxe ». Et ce n’est pas parce que ses livres sont courts que leur écriture n’est pas laborieuse !

A propos de ses personnages

Tout au fil de l’échange ont également été abordés son rapport à ses personnages qui réapparaissent parfois dans ses livres et leur inscription dans une géographie : « les paysages dans lesquels nous sommes nés nous fondent », « les personnages sont du paysage dont ils sortent : c’est ce qui les constitue, y compris dans leur façon de se taire ». Plutôt que de définir ses personnages par leur psychologie, l’autrice préfère leur inscription dans des paysages, du mouvement, dans une filiation, dans leur lien avec les animaux…

Ses sources d’inspiration

Mayline Desbiolles s’inspire du réel : elle mène des travaux de documentation et de recherche quasi journalistiques pour écrire. « C’est une partie formidable de l’écriture : là, on trouve des choses extraordinaires dans les archives et on ne risque rien ». Dans l’Agrafe, l’histoire d’Emma Fulconis est inspirée de l’histoire de la fille d’une amie, Lucie qui étonnamment dit s’être le plus reconnue dans les endroits de la fiction !

A la question d’Ela, sur son intérêt pour le sujet du racisme dans L’Agrafe, Maryline Desbiolles confirme que la guerre d’Algérie, l’immigration, les questions relatives au rejet de l’autre ou de l’étranger l’habitent, sans doute pour des raisons familiales (son père est resté silencieux sur la guerre d’Algérie, ses grands parents immigrés italiens ont subi la violence, le rejet). Mais ce qui intéresse l’écrivaine, c’est surtout la manière dont les histoires individuelles s’inscrivent dans la grande Histoire : « mes livres sont faits des voix des morts, afin qu’on entende des voix qui [se] sont tues ». Finalement, à Imène qui demande à l’autrice si le réel est son inspiration, Maryline Desbiolles répond « oui, bien sûr, les livres, leur vraie quête, c’est le réel. C’est du réel exploré d’autre manière que le journalisme ».

Pourquoi l’écriture ?

« A l’école, j’allais souvent au piquet car j’étais dissipée : je savais déjà lire et je m’ennuyais. J’écrivais alors et la maîtresse lisait ce que j’écrivais… J’étais déjà en posture d’écrivain ! ».

En réalité « je ne sais pas pourquoi depuis toujours j’écris, sauf que cela vient du fait que je lisais beaucoup ». « J’ai beaucoup aimé les livres très jeunes, des livres pour adultes auxquels je ne comprenais pas tout, mais j’étais embarquée ! ». « J’ai eu un appétit d’écriture parce que j’avais un appétit de lecture ». Elle a ainsi commencé par écrire des pastiches, de la poésie, dès l’enfance.

  • A propos de son style…

Lana interpelle Maryline Desbiolles sur le fait qu’elle utilise beaucoup de répétitions dans son écriture et que cela caractérise vraiment son style : « Moi, je viens de la poésie, de la ritournelle. Il y a de l’enchantement à me répéter des mots. Ce n’est pas tourner en rond. J’espère au fond, en répétant le mot, que ça va m’emmener ailleurs, comme un derviche tourneur ». D’ailleurs, les petites chansons que s’inventent Emma Fulconis dans L’Agrafe « c’est une trouvaille offerte par le livre ! ».

La rencontre s’est terminée sur un moment de convivialité pendant lequel Roméo a pu offrir notre texte dialogué à Maryline Desbiolles.

Ozan en a profité pour lui demander une dédicace pour la classe sur le roman L’Agrafe. L’occasion, dans l’échange d’apprendre le titre du futur livre de Maryline Desbiolles ! Tous les élèves sont repartis enchantés par cette rencontre. Et nous, enseignantes, sommes fières de leur investissement dans ce projet !

Nous remercions l’Agence Livre et Lecture pour ce formidable moment, les financeurs des Petites Fugues, si précieuses, ainsi que les collègues du lycée Les Haberges pour leur chaleureux accueil.

 

Un bel échange avec Maryline Desbiolles